No One Lives Forever
Vous en avez marre des héros qui se prennent trop au sérieux et des quake-like aux trames trop classiques? Et bien Monolith a pensé à vous avec son dernier FPS : No One Lives Forever qui est aussi excellent qu'inattendu.
L'installation
Je n'ai pas rencontré de problèmes au niveau de l'installation.
En ce qui concerne la configuration graphique, Monolith a prévu trois configurations-types qui sauront s'adapter à votre couple CPU/GPU. Donc, les moins bidouilleurs n'auront pas à perdre du temps avec les réglages graphiques, même si, comme d'habitude, les joueurs expérimentés ont tout intérêt à aller jeter un coup d'oeil dans les options où tout est customisable à souhait.
Parlons ici de la gourmandise, très importante, du moteur 3D.
Monolith recommande un Pentium 300 avec un GPU 8 Mo et 64 Mo de RAM. Pourquoi pas, mais, comme d'habitude, il ne faut pas espérer profiter du somptueux graphisme du jeu avec une telle config, surtout au niveau des 8 petits Mo de la carte graphique.
Pour vous donner une idée sur le sujet, un Céléron 2 566@850, une GeForce DDR 32mo et 128 Mo de RAM ne permettent de faire tourner le jeu de manière décente "qu'en" 1024*768*32 en utilisant la configuration-type " moyenne qualité " et qu'en 800*600*32 en utilisant la configuration type " haute qualité ". Néanmoins, pas de panique, la qualité et les détails des textures de niveau " moyen " sont largement à la hauteur.
L'histoire
No Ones Lives Forever : cela pourrait être le titre du prochain James Bond. D'ailleurs, le début du jeu est mis en scène comme un 007 : une cinematique assez longue suivie par un générique chanté où l'on retrouve, parmi les paroles, " no one lives forever". Mais, on s'éloigne rapidement de James Bond pour aller lorgner du côté de la parodie. Néanmoins, il ne s'agit pas d'un Austin Power : on reste quand même beaucoup plus sérieux.
Les supérieurs hiérarchiques de Cate au sein de l'UNION
Vous incarnez Cate Archer, agent secret de seconde catégorie de l'UNION, une organisation d'agents secrets au service de sa majesté. Niveau physique, elle aurait sûrement trouvé une place auprès des drôles de dames de Charlie. Enfin bon, je m'éloigne du sujet.. :)
Toujours est-il que son sexe, son physique et son caractère explosif ont valut à Cate de ne pas être prise au sérieux par ses supérieurs.
L'ennemi du moment, car il en faut bien, c'est l'organisation CRIME, qui, comme son nom l'indique, a pour ultime but de tuer. Mais, l'ennuyeux, c'est qu'elle assassine plusieurs agents de l'UNION qui a vraisemblablement en son sein un traître.
Non, la mission de Cate n'est pas de démanteler CRIME et de démasquer l'assassin. Elle est néanmoins chargée, pour une fois, d'une mission importante, mais à priori sans piment, puisque ce n'est qu'une énième attaque contre le bloc soviétique. Mais, au fur et à mesure, Miss Archer va être menée vers des affaires insoupçonnées.
Le déroulement du jeu
Le jeu est varié. Bien sûr, le but est toujours de descendre les méchants :), mais tout est dans la forme. Ainsi, les missions peuvent aller de la protection d'un ambassadeur à l'infiltration d'une base du bloc soviétique protégée par des caméras en passant par des objectifs prétextes à du bourrinage.
_C'est dans ce bureau que vous recevez vos ordres de missions _
Pour mener à bien ses missions, en plus de la dizaine d'armes pas vraiment originales, Cate dispose de gadgets concoctés par la division Q locale. Ainsi, dans la lignée des James Bond et autres Mission Impossible, on trouve des rouges à lèvres explosifs, des lunettes de soleil /appareil photo avec zoom ultra puissant, un éliminateur de corps pour ne pas laisser de traces de son passage…
Car, effectivement, il vaut mieux être discret et stratégique dans la plupart des missions. Je dis il vaut mieux, car, s'il l'on préfère, on peut, la plupart du temps, jouer les rambos. Mais c'est passer à côté d'une grande partie de l'intérêt du jeu. Etre discret devient un plaisir. Par exemple, dans les missions d'infiltrations, les caméras de surveillance sont intelligentes : en plus de vous détecter, elles déclenchent l'alarme si elles repèrent, dans leur champ de vision, un des vos ennemis qui se fait tuer. Il vaut donc mieux attirer l'adversaire en dehors de ce champ de vision, au moyen d'une pièce de monnaie lancée à terre, et le tuer d'un coup de silencieux dans la tête. Quelques grammes de finesse… vous connaissez la suite :)
Vous avez pu le remarquer dans mon précédent exemple, les dommages sont localisés. S'il n'y a pas autant de points d'impact différents que dans Soldier of Fortune, il y en a suffisamment pour satisfaire les plus expéditifs (les plus sadiques ?) d'entre nous. Malheureusement, cette localisation des dommages n'entraîne qu'une mort plus ou moins rapide, mais pas d'animation en rapport avec l'impact. Ainsi, tirer dans la jambe d'un ennemi ne le fera pas se tenir la jambe de douleur ou ne l'empêchera pas pour autant de marcher.
En parlant de la réaction des adversaires, intéressons-nous donc à l'IA. Disons qu'elle est, dans l'ensemble, efficace et réaliste: les gardes savent appeller des renforts, déclencher l'alarme, se mettre en embuscade au détour d'un mur si ils se sentent en danger de mort et ne font pas exactement la même chose dans une même situation (quand on recommence une scène). On remarque néanmoins beaucoup de ratés et d'abus. Ainsi, les gardes, à partir du moment qu'ils sont vaguement tournés dans la direction de Cate, la repèrent dès qu'elle laisse dépasser le moindre cheveux (la faute à sa coupe et ses vêtements flashis? :)) Il faut donc user et abuser du quick save/quick reload pour passer certaines missions d'infiltrations sans faire déclencher l'alarme.
Mais, ce n'est pas très grave, et cela n'entâche pas vraiment le plaisir de jeu.
Le moteur graphique
Monolith a utilisé le nouveau moteur Lithtech. Et il faut bien avouer que le résultat est à la hauteur. Les textures sont particulièrement riches et les éclairages bien réalisés. Les personnages, que ce soit dans les cinématiques ou dans les phases de jeu, sont animés et modélisés à la perfection. Tout serait parfait si il n'y avait pas ce malheureux aliasing. Je vous invite à cliquer sur les screenshoots ci-dessous pour avoir l'image en haute résolution.
Screenshoots en 1024*768*32 haute qualité
Vous avez pu vous en rendre compte sur les screenshoots ci-dessus, l'aliasing est extrêmement prononcé, même en 1024*768. Si on l'oublie bien vite, il reste néanmoins gênant pour ceux qui, comme moi, prêtent attention à ce genre de défaut. Donc, je considèrerais, une fois n'est pas coutume pour un FPS, que la Voodoo5 et son FSAA en hardware est l'arme absolue pour No One Lives Forever. Bien sûr, les cartes nVidia en proposent aussi, mais, il faudra se contenter d'un 640*480 FSAA 2x avec un framerate limite avec une GeForce DDR. J'imagine qu'il doit bien falloir une GeForce 2 Ultra pour espérer jouer confortablement en 800*600 FSAA 2x !
Pour vous donner une idée de l'apport du FSAA dans ce jeu, voici 5 screenshoots avec, de gauche à droite le jeu en 800*600 et 1024*768 sans FSAA ainsi qu'en 640*480, 800*600 et 1024*768 avec un FSAA 2x. Remarquez que le 640*480 avec un FSAA 2x est très agréable.
Puisqu'on en est à ce qui aurait pu être mieux, on peux constater que le nouveau moteur Litech ne gère pas les DXTexturesCompression, ce qui regrétable. Encore une fois, les développeurs ne jouent pas le jeu et obligent à utiliser des cartes surpuissantes qui ne servent que pour leur Ram Vidéo supplémentaire.
L'ambiance sonore
Les bruitages sont à la hauteur de ce qui se fait à présent, même ceux des armes sont particulièrement sympathiques. Je n'avais pas eu autant de plaisir à entendre le son d'une arme avec silencieux tuer un adversaire depuis 007 et son PP7 dans Golden Eye sur N64.
Des voix digitalisées se font entendre lors des cinématiques ou encore, pendant le jeu, par les personnages, ennemis ou non, qui sont à " portée d'oreille ".
Finissons par les musiques, pas toujours dans l'ambiance, mais jamais sans la touche Austin Power du jeu !
En Conclusion
Comment résister à No One Lives Forever ? Techniquement à la hauteur, il propose un gameplay des plus aboutis ; et lâcher le clavier ne sera pas une mince affaire, je peux vous l'assurer. Que demander de plus? Peut-être une légère amélioration de l'IA (je crois que le patch #1 résout quelques problèmes) et surtout, un add-on ! :)
Technique : 17/20
Ambiance sonore : 17/20
Jouabilité : 18/20
Durée de vie : 15/20 *
Intérêt général : 17/20
* je n'en suis pas encore arrivé à la fin : cette note peut être sous-estimée
si il s'avérait que les derniers niveaux soient particulièrement corsés.
Julien
Pages d'origine archivées : /jeux/nolf.shtm (2001)